Juliette VANWATERLOO (AKA BRODETTE)

Depuis ces manifestions, nous sommes constamment bercé•e•s dans un flux médiatique d’images montrant au grand jour les violences policières. Je parcours ces images, les extraie de ce flux médiatique puis les retravaille. La lenteur du geste de la broderie et sa minutie inscrivent ces images dans une nouvelle temporalité, hors de la pression médiatique et un nouveau rapport à la violence. Ces images ne sont plus seulement l’illustration d’une violence, mais deviennent porteuses de revendications. « La profusion des images fera leur poids. Leur empilement, leur sens. Leur globalité, leur valeur. Leur répétition, l’évidence d’une violence policière mécanique, répétée, systémique »1. La mise en espace de mes œuvres par une scénographie représentant une chambre, permet un basculement de lieu du langage politique. L’espace domestique où les femmes ont longtemps été assignées, ainsi exclues de l’espace public, est ici réapproprié comme lieu de revendications et de créations. Une première lecture est faite où l’idée de la chambre vient à l’esprit, par la présence du lit, des tapis, du mobilier et des murs où les pièces sont volontairement affichées plus bas. Une seconde se fait quand le·a spectateur·rice découvre de plus près les œuvres exposées comme supports de protestations.        

1 Dufresne David, « L’arme des désarmés », dans A. Bentounsi, A. Bernanos, J.Coupat, D. Dufresne, E. Hazan et F. Lourdon, Police.


4 images
Acte 19 – Le Mans. Coton, soie, fil à coudre. Broderie à la main. Broderie de 9 x 10 cm sur coton blanc de 16 x 17 cm
Acte 45 – Charlevilles. Coton, soie, fil à coudre. Broderie à la main. Broderie de 9 x 10 cm sur coton blanc de 16 x 17 cm
Anonymes. Laine, acrylique, lin, coton, jute. Tuft manuel. 177 x 122 cm
Sous la couette. Coton, polyester, fil à coudre. Broderie à la machine à coudre. 180 x 240 cm. Photo : Sven Laurent
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